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J’ai taché le vêtement de mon client : que dois-je faire ?

Cet article vous guide à travers les démarches à suivre et les spécificités légales en France, en Belgique, en Suisse et au Luxembourg.
  • Le blog de la Maison Mina Raine
  • J’ai taché le vêtement de mon client : que dois-je faire ?
  • 7 janvier 2025 par
    J’ai taché le vêtement de mon client : que dois-je faire ?
    Maison Mina Raine
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    Vous êtes coiffeur ou barbier, et l’impensable vient de se produire : pendant une coloration, vous avez taché le vêtement d’un client. Ce moment de stress peut rapidement devenir un cauchemar si vous ne savez pas comment réagir. La bonne nouvelle : des solutions légales et pratiques existent pour gérer cette situation de manière professionnelle. Cet article vous guide à travers les démarches à suivre et les spécificités légales en France, en Belgique, en Suisse et au Luxembourg.

    Les taches de produits capillaires (colorations, décolorants, permanentes) sur les vêtements de vos clients engagent votre responsabilité professionnelle dans la plupart des cas. Connaître vos obligations légales, vos droits et les procédures appropriées vous permettra non seulement de protéger votre activité, mais aussi de maintenir une relation de confiance avec votre clientèle.

    I. Comprendre votre responsabilité juridique

    A. Le cadre légal en France

    En France, la responsabilité du coiffeur envers ses clients repose sur plusieurs fondements juridiques essentiels. L’article 1240 du Code civil établit le principe de la responsabilité du fait personnel : “Tout fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer”. Ce texte fondamental impose à toute personne qui cause un préjudice à autrui de réparer ce dommage.

    Complétant ce dispositif, l’article 1242 du Code civil (anciennement article 1384) établit une responsabilité du fait des choses que l’on a sous sa garde. Cet article dispose : “On est responsable non seulement du dommage que l’on cause par son propre fait, mais encore de celui qui est causé par le fait des personnes dont on doit répondre, ou des choses que l’on a sous sa garde”. Dans le contexte d’un salon de coiffure, cela signifie que le professionnel est responsable des produits qu’il utilise (colorations, décolorants, permanentes) et des objets confiés par les clients.

    Le coiffeur a une obligation de moyens, et non de résultat. Cette distinction juridique est capitale : le coiffeur doit mettre en œuvre tous les moyens nécessaires et faire preuve de compétence et de diligence pour réaliser la prestation demandée, sans pour autant garantir un résultat précis. Ainsi, si un client n’est pas satisfait de sa coupe ou de sa couleur, cela ne constitue pas automatiquement une faute professionnelle. En revanche, si la prestation cause un dommage aux vêtements, aux cheveux ou à l’intégrité physique du client, la responsabilité du coiffeur peut être engagée.

    Le devoir de conseil et d’information constitue une obligation essentielle pour tout professionnel de la coiffure. L’article L112-1 du Code de la consommation impose au prestataire de services d’informer le consommateur sur les caractéristiques essentielles de la prestation. Plus spécifiquement, le coiffeur doit alerter son client sur les risques éventuels liés aux produits utilisés, notamment en cas de produits susceptibles de provoquer des réactions allergiques ou d’endommager les cheveux. Ce devoir s’étend à l’avertissement sur les effets secondaires possibles lors de l’utilisation de substances de coloration, de permanente ou de défrisage.

    Concernant les vêtements et effets personnels confiés, la responsabilité du salon est pleinement engagée. Les affaires que vos clients déposent dans votre vestiaire ou dont ils se départent pendant la prestation sont sous votre entière responsabilité. En cas de vol, de perte ou de dommage (comme une tache), vous êtes tenu de dédommager le client, généralement via votre assurance responsabilité civile professionnelle. L’indemnisation peut être forfaitaire ou calculée selon la valeur d’achat si une facture peut être fournie.

    B. Les spécificités en Belgique

    Le système belge présente des caractéristiques propres en matière de responsabilité professionnelle. Le cadre légal de l’assurance responsabilité civile est défini par le Code des assurances, notamment aux articles 65 et suivants. Ce code encadre les obligations et les modalités de couverture des professionnels.

    L’assurance responsabilité civile professionnelle (RC Pro) n’est pas obligatoire pour les coiffeurs en Belgique. Elle est uniquement imposée par la loi pour certaines professions réglementées à risque, telles que les médecins, avocats, notaires, architectes ou experts-comptables. Néanmoins, bien que facultative pour les coiffeurs, la RC Pro est fortement recommandée pour couvrir les risques inhérents à l’activité.

    La responsabilité civile professionnelle en Belgique se décompose en deux volets complémentaires. La RC Exploitation couvre les dommages corporels ou matériels causés aux clients ou à des tiers lors de l’exercice de l’activité. Par exemple, si un client se coupe avec des ciseaux, glisse sur une flaque de shampooing, ou si ses vêtements sont tachés pendant la prestation, cette garantie intervient. La RC Après-livraison couvre les dommages qui se manifestent après la prestation, comme une réaction allergique retardée à un produit capillaire utilisé par le coiffeur.

    Les garanties typiques d’une assurance RC Pro pour coiffeurs en Belgique couvrent plusieurs types de dommages. Les dommages corporels incluent les blessures, irritations du cuir chevelu, réactions allergiques aux produits utilisés, ou accidents survenus dans le salon. Les dommages matériels englobent les vêtements tachés par la teinture, le vol ou la disparition des effets personnels laissés au vestiaire organisé, ainsi que les dommages aux instruments ou biens confiés. Enfin, les dommages immatériels consécutifs correspondent aux pertes financières subies par un tiers sans lien direct avec un dommage physique ou matériel.

    Le montant de couverture standard en Belgique est particulièrement élevé : jusqu’à 2.500.000 euros par sinistre pour les dommages corporels, matériels et immatériels consécutifs. Pour les dommages aux biens confiés (comme un vêtement à traiter), l’indemnisation peut atteindre jusqu’à 25.000 euros. Des garanties complémentaires existent pour les dégâts ou perte de cheveux, avec une extension spécifique pour les dommages à la structure capillaire et la chute anormale des cheveux.

    Le coût moyen d’une assurance RC Pro pour un salon de coiffure en Belgique varie selon plusieurs critères. Pour un salon avec 3 employés et un chiffre d’affaires de 120.000 euros, la prime annuelle se situe autour de 680 euros. Ce tarif dépend de l’activité exercée, du nombre d’employés, du chiffre d’affaires, des garanties choisies, de la franchise et de l’historique des sinistres.

    Si le salon emploie des collaborateurs, l’assurance accidents du travail devient obligatoire. Elle couvre les frais médicaux et indemnise les employés en cas d’incapacité temporaire ou permanente suite à un accident survenu au travail ou sur le trajet domicile-lieu de travail. Cette assurance protège uniquement les employés, pas le patron lui-même.

    C. Le système suisse : une obligation de résultat

    Le droit suisse se distingue par une approche juridique différente de celle de la France et de la Belgique. En Suisse, le contrat entre le coiffeur et son client est qualifié de contrat d’entreprise, régi par les articles 363 et suivants du Code des Obligations (CO). Cette qualification juridique a des conséquences importantes : contrairement à la France où le coiffeur a une obligation de moyens, en Suisse, le coiffeur est tenu à une obligation de résultat.

    Cette obligation de résultat signifie que le coiffeur ne doit pas seulement fournir une activité, mais livrer un résultat concret correspondant à l’ouvrage convenu initialement avec le client. Il est donc essentiel que le client et le coiffeur se mettent bien d’accord sur l’aspect final de la coiffure (l’ouvrage) avant de commencer la teinture, la coupe, le brushing, etc.. Cette exigence d’accord préalable sert de référence en cas de contestation ultérieure.

    Si le résultat ne correspond pas à ce qui a été convenu, le client dispose de plusieurs recours. Il peut informer le coiffeur immédiatement, mais au plus tard lorsque celui-ci lui présente sa coiffure sous tous les angles devant le miroir. Le client peut alors exiger une retouche gratuite, demander une réduction du prix (rabais) si la prestation est partiellement satisfaisante, ou même refuser de payer si la coiffure est totalement inacceptable et ne correspond aucunement à ce qui avait été convenu. Dans ce dernier cas, le coiffeur n’a pas rempli sa part du contrat et pourrait même devoir prendre en charge les frais de soins supplémentaires si les cheveux sont abîmés.

    L’assurance responsabilité civile pour les employés est obligatoire en Suisse pour les employeurs du secteur de la coiffure. Cette obligation est inscrite dans la Convention collective nationale des coiffeurs, dont l’article 46 stipule que l’employeur doit souscrire une assurance responsabilité civile pour couvrir les dommages que le travailleur pourrait causer, dans l’exercice de ses fonctions, à des personnes qui sont des tiers à l’égard de l’entreprise, en particulier des clients.

    L’assurance doit couvrir les dommages corporels et matériels jusqu’à concurrence de 2.000.000 francs suisses par sinistre. Le calcul des primes se base sur la somme salariale du personnel, avec une somme salariale minimum de 60.000 CHF, ce qui correspond à une prime annuelle d’environ 135 CHF avec une franchise de 100 CHF. Il est possible de choisir entre une franchise de 100 CHF ou de 500 CHF par dommage matériel, sachant qu’il n’y a pas de franchise pour les dommages corporels.

    Coiffure Suisse, l’organisation professionnelle du secteur, propose à ses membres une couverture d’assurance optimale par le biais d’un contrat collectif conclu avec la Bâloise Assurances SA. Ce concept de couverture complet est spécialement adapté aux besoins des salons de coiffure et des instituts de beauté. Les avantages incluent une protection contre les conséquences financières en cas de sinistre, des primes attractives pour chaque taille d’entreprise, une protection d’assurance complète et un règlement professionnel des sinistres.

    En cas de vêtement taché ou endommagé, le coiffeur doit vérifier la qualité du vêtement qui lui est confié et émettre des réserves s’il considère que le traitement présente des risques. Si un dommage survient malgré ces précautions, l’indemnisation sera calculée selon le préjudice réel, avec possibilité de remboursement des frais de nettoyage professionnel ou de compensation financière si le nettoyage est impossible.

    D. La situation au Luxembourg

    Le Luxembourg présente un cadre juridique relativement proche du système français, le pays étant soumis au Code Civil luxembourgeois, qui s’inspire largement du droit français. La responsabilité du professionnel suit des principes similaires à ceux énoncés par les articles 1240 et suivants du Code civil français.

    L’article 1789 du Code Civil luxembourgeois établit que le professionnel est présumé responsable selon une obligation de résultat. Cette présomption signifie que, lorsqu’un dommage survient dans le cadre d’une prestation de service, c’est au prestataire de démontrer qu’il n’a pas commis de faute ou que le dommage provient d’une cause extérieure.

    Dans le domaine spécifique de l’entretien des vêtements (teinturerie, pressing), le système d’indemnisation luxembourgeois fonctionne selon un barème précis. La responsabilité du prestataire ne peut être engagée qu’en cas de faute avérée. Si la responsabilité est établie, l’indemnisation est calculée sur la base du barème de responsabilité, auquel est appliqué un abattement en fonction de la vétusté du vêtement. Concrètement, l’indemnisation correspond à 80% du prix pour un article acheté depuis moins de trois mois, puis décroît progressivement avec l’ancienneté du vêtement.

    En matière de sécurité au travail, les employeurs luxembourgeois du secteur de la coiffure ont des obligations spécifiques. Ils doivent notamment réaliser tous les 3 ans un inventaire des postes à risques et l’envoyer à la Division de la Santé au Travail. Cette obligation vise à prévenir les risques professionnels et à garantir la sécurité des salariés.

    Concernant les obligations de l’employeur en matière de vêtements de travail, si l’employeur impose le port d’une tenue spécifique à ses employés, il doit en assurer la fourniture, l’entretien et le renouvellement. Cette obligation s’inscrit dans le cadre plus large de la protection des travailleurs.

    II. Réagir immédiatement face à une tache

    A. Les premiers gestes à adopter

    Lorsqu’une tache survient sur le vêtement d’un client, la rapidité d’intervention est déterminante. Plus vous agissez vite, plus vous augmentez les chances de faire disparaître complètement la tache. Les premières minutes sont cruciales car elles permettent d’empêcher le produit de pénétrer profondément dans les fibres du tissu.

    Étape 1 : Absorbez immédiatement l’excès de produit. Utilisez du papier absorbant, une serviette propre ou un chiffon sec pour tamponner délicatement la tache sans frotter. Le frottement risquerait d’étaler la tache et de la faire pénétrer encore plus profondément dans les fibres. Procédez toujours par tamponnements doux, en changeant régulièrement de zone du papier absorbant pour éviter de redistribuer le produit.

    Étape 2 : Identifiez le type de tissu et de tache. Avant toute intervention, vérifiez l’étiquette du vêtement pour connaître sa composition (coton, synthétique, laine, soie, cuir). Cette information est capitale car chaque matière réagit différemment aux produits de nettoyage. Identifiez également la nature exacte de la tache : coloration permanente, décolorant, permanente, ou produit coiffant. Les colorations capillaires contiennent des pigments puissants qui nécessitent des traitements spécifiques.

    Étape 3 : Rincez abondamment à l’eau froide. Passez la zone tachée sous un jet d’eau froide, jamais chaude. L’eau chaude fixerait définitivement les pigments dans le tissu, rendant la tache pratiquement impossible à enlever. Laissez l’eau froide traverser le tissu en le tenant à l’envers, ce qui permet de faire sortir le produit plutôt que de le faire pénétrer davantage.

    B. Techniques de détachage professionnel selon le type de textile

    Pour les tissus en coton coloré, préparez un mélange de vinaigre blanc et de bicarbonate de soude. Versez du vinaigre blanc dans un bol, ajoutez une cuillère à café de bicarbonate de soude (attention, le mélange va mousser), puis humidifiez la partie tachée avec cette solution. Laissez agir une dizaine de minutes pour permettre aux ingrédients actifs de décomposer les pigments de coloration. Frottez ensuite délicatement le tissu entre vos doigts et rincez abondamment à l’eau claire.

    Pour le coton blanc, vous pouvez utiliser de l’eau oxygénée. Tamponnez la tache avec un mouchoir imbibé d’eau oxygénée à 10 volumes maximum pour éviter d’endommager le tissu. Laissez agir quelques minutes puis rincez. L’eau oxygénée agit comme un agent blanchissant doux qui décolore les pigments sans agresser les fibres blanches.

    Pour les tissus synthétiques, mélangez du vinaigre blanc avec du bicarbonate de soude et appliquez cette pâte sur la tache. Le pouvoir dégraissant du vinaigre combiné à l’action abrasive douce du bicarbonate permet de dissoudre efficacement les pigments de coloration. Laissez agir 10 à 15 minutes, puis frottez délicatement avec une brosse à poils souples avant de rincer.

    Pour la laine et la soie, utilisez exclusivement du vinaigre blanc dilué dans de l’eau tiède. Ces matières délicates ne supportent pas les traitements agressifs. Tamponnez très délicatement avec une éponge imbibée de la solution vinaigrée, sans jamais frotter énergiquement. Rincez ensuite à l’eau froide et séchez à plat pour éviter toute déformation.

    Pour le cuir et le simili-cuir, le traitement est plus délicat. Utilisez de l’essence de térébenthine en prenant des précautions importantes : portez obligatoirement des gants de protection, travaillez dans un local bien ventilé avec les fenêtres ouvertes pour éviter d’inhaler les vapeurs toxiques. Imbibez un chiffon propre d’essence de térébenthine et frottez doucement la tache circulaire. Essuyez ensuite avec une éponge humide pour éliminer les résidus, puis séchez le cuir avec un sèche-cheveux réglé sur air tiède (jamais chaud).

    Pour les jeans, saupoudrez généreusement la tache de bicarbonate de soude. Versez ensuite quelques gouttes de vinaigre blanc directement sur le bicarbonate : le mélange va mousser et créer une réaction effervescente qui aide à déloger les pigments. Laissez agir 10 minutes, frottez la zone avec une brosse douce, puis rincez à l’eau froide.

    L’alternative professionnelle : le dissolvant sans acétone. Pour les taches tenaces de coloration capillaire, certains professionnels utilisent du dissolvant à ongles sans acétone. Appliquez-en une petite quantité sur un chiffon propre et tamponnez la tache en évitant de frotter. Procédez ensuite immédiatement à un lavage en machine à 30°C maximum. Cette méthode fonctionne particulièrement bien sur les jeans et les tissus résistants, mais doit être testée d’abord sur une zone cachée du vêtement.

    C. Ce qu’il ne faut jamais faire

    Ne jamais utiliser d’eau chaude en premier recours. La chaleur fixe définitivement les pigments de coloration dans les fibres du tissu, rendant la tache permanente. Attendez toujours d’avoir traité la tache avec les produits appropriés avant d’envisager un lavage à température élevée.

    Ne jamais frotter énergiquement la tache, surtout au début. Le frottement étale le produit sur une surface plus large et le fait pénétrer plus profondément dans le tissu. Privilégiez toujours les tamponnements délicats, en changeant régulièrement de zone du chiffon ou du papier absorbant.

    Ne jamais utiliser d’eau de Javel sur des tissus colorés. L’eau de Javel décolore irrémédiablement les vêtements de couleur et peut provoquer des taches blanches ou jaunes permanentes. Réservez ce produit uniquement aux textiles blancs en dernier recours, et toujours dilué dans de l’eau froide.

    Ne jamais sécher le vêtement avant d’être certain que la tache a disparu. La chaleur du sèche-linge ou du fer à repasser fixerait définitivement toute trace résiduelle de coloration. Laissez toujours sécher le vêtement à l’air libre après le traitement, de préférence à l’ombre, pour vérifier que la tache est complètement partie. Si des traces subsistent, recommencez le traitement avant tout séchage à chaud.

    Ne jamais mélanger plusieurs produits chimiques sans connaître leurs interactions. Par exemple, ne mélangez jamais eau de Javel et ammoniaque, ni eau de Javel et vinaigre, car ces combinaisons produisent des gaz toxiques dangereux pour la santé. Utilisez un seul produit à la fois, rincez abondamment entre deux traitements différents, et attendez que le tissu soit sec avant d’essayer une nouvelle méthode si la première n’a pas fonctionné.

    Ne jamais ignorer les recommandations d’entretien du fabricant. L’étiquette du vêtement contient des informations essentielles sur les températures maximales de lavage, les produits à éviter, et les méthodes de séchage autorisées. Respecter ces indications permet d’éviter d’endommager le vêtement en tentant de le nettoyer.

    III. Déclarer le sinistre à votre assurance

    A. Le délai légal de déclaration

    En France, le délai de déclaration d’un sinistre à votre assurance est de 5 jours ouvrés maximum à compter de la date où vous avez connaissance du sinistre. Ce délai est défini par l’article L113-2 du Code des assurances et s’applique à la plupart des sinistres habituels, y compris les dommages causés aux biens de tiers dans le cadre de votre activité professionnelle.

    Un jour ouvré correspond à un jour habituellement travaillé, généralement du lundi au vendredi, en excluant les week-ends et les jours fériés. Par exemple, si vous constatez un dommage un jeudi, vous avez jusqu’au mercredi suivant pour effectuer votre déclaration auprès de votre assureur. Ce délai court à partir du moment où vous avez effectivement connaissance du dommage, et non pas à partir de la date de survenance si celle-ci est différente.

    Le respect de ce délai est crucial pour garantir votre indemnisation. Un retard dans la déclaration peut avoir des conséquences graves : votre assureur peut réduire, voire refuser totalement votre indemnisation, en invoquant la déchéance des garanties. Toutefois, l’assureur doit prouver que ce retard lui a causé un préjudice pour pouvoir invoquer cette déchéance, ce qui reste relativement rare en pratique. Néanmoins, il est fortement déconseillé de prendre ce risque : respecter le délai de 5 jours vous garantit une prise en charge optimale et rapide de votre dossier.

    Si le délai est dépassé mais que vous avez une excuse valable, vous pouvez tout de même effectuer votre déclaration en justifiant votre retard. Les cas de force majeure (hospitalisation, impossibilité matérielle de communiquer) ou la bonne foi manifeste peuvent être acceptés par l’assureur. Cependant, mieux vaut ne pas compter sur ces exceptions et agir dans les délais impartis.

    En Belgique et en Suisse, les délais de déclaration sont généralement fixés par les conditions particulières de votre contrat d’assurance. Il est donc impératif de consulter vos conditions générales pour connaître le délai exact applicable. Dans tous les cas, la règle d’or reste la même : déclarez le sinistre le plus rapidement possible, idéalement dans les 48 heures suivant l’incident.

    B. Les documents à préparer

    Pour constituer un dossier de déclaration de sinistre complet et faciliter le traitement rapide de votre demande, vous devez rassembler plusieurs documents essentiels. Cette préparation minutieuse vous évitera des allers-retours avec votre assureur et accélérera considérablement la procédure d’indemnisation.

    La déclaration de sinistre elle-même constitue le document central de votre dossier. Il s’agit d’un formulaire fourni par votre assureur, disponible généralement en ligne sur votre espace client ou sur demande auprès de votre conseiller. Ce document doit être rempli avec la plus grande précision, en détaillant les circonstances exactes de l’incident : date, heure, lieu, nature de la prestation en cours (coloration, décoloration, mèches, etc.), description précise du dommage causé au vêtement, et coordonnées complètes du client concerné.

    Des photographies du vêtement endommagé sont absolument indispensables. Prenez plusieurs clichés de qualité, sous différents angles, en veillant à ce que la tache soit bien visible et nette. Photographiez également l’étiquette du vêtement pour identifier sa marque, sa composition et ses instructions d’entretien. Ces photos serviront de preuves matérielles du dommage et permettront à l’expert de l’assurance d’évaluer l’étendue du préjudice sans avoir besoin de voir physiquement le vêtement dans un premier temps.

    La facture d’achat du vêtement fournie par le client est un élément déterminant pour le calcul de l’indemnisation. Cette facture permet d’établir la valeur d’achat du bien endommagé et sa date d’acquisition, deux informations essentielles pour appliquer le barème d’indemnisation qui prend en compte la vétusté. Si le client ne dispose plus de la facture originale, un relevé de carte bancaire mentionnant l’achat ou une attestation sur l’honneur indiquant le prix d’achat et la date approximative peuvent éventuellement être acceptés, bien que ces documents aient moins de valeur probante.

    Un constat amiable des faits signé par vous et votre client représente un document très utile, bien que non obligatoire. Ce constat doit décrire de manière factuelle et objective les circonstances du dommage : nature de la prestation réalisée, produits utilisés (marque et référence), temps de pose, déroulement de l’incident, constatation immédiate ou différée de la tache. Les deux parties signent ce document en attestant l’exactitude des faits rapportés, ce qui limite les contestations ultérieures. Ce constat amiable accélère considérablement le traitement du dossier par l’assureur.

    Le devis ou la facture de la prestation réalisée dans votre salon doit également être joint au dossier. Ce document prouve que le client était bien présent à votre salon à la date indiquée et qu’une prestation a été effectuée. Il permet aussi de contextualiser l’incident et de justifier l’utilisation de certains produits capillaires.

    Des témoignages écrits, si d’autres personnes étaient présentes au moment de l’incident (autres clients, collègues, stagiaires), peuvent renforcer votre dossier. Ces témoignages doivent être rédigés librement par les témoins, datés et signés, avec mention de leurs coordonnées complètes. Ils apportent une crédibilité supplémentaire à votre déclaration en confirmant les circonstances du sinistre.

    Les informations sur les tentatives de nettoyage déjà effectuées doivent être consignées par écrit : méthodes utilisées, produits appliqués, résultats obtenus. Si vous avez fait appel à un pressing ou à un teinturier professionnel, joignez la facture de ce service et le rapport du professionnel sur les possibilités ou impossibilités de récupération du vêtement.

    C. Comment effectuer votre déclaration

    La méthode la plus sûre et la plus recommandée consiste à adresser une lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR) à votre assureur. Ce mode d’envoi vous garantit une preuve de dépôt et de réception, avec une date certaine qui établit formellement que vous avez respecté le délai de déclaration. Conservez précieusement l’accusé de réception qui vous sera retourné : ce document atteste que votre assureur a bien reçu votre déclaration dans les délais légaux.

    De nombreux assureurs proposent désormais des déclarations en ligne via votre espace client personnel sur leur site internet ou leur application mobile. Cette méthode présente l’avantage de la rapidité et de la simplicité : vous pouvez joindre directement vos photographies et documents numérisés, et vous recevez immédiatement un accusé de réception électronique avec un numéro de dossier. Assurez-vous cependant que votre déclaration en ligne soit bien enregistrée et qu’un email de confirmation vous soit envoyé.

    La déclaration téléphonique auprès du service sinistre de votre assureur est également possible et permet d’ouvrir rapidement votre dossier. Lors de cet appel, munissez-vous de votre numéro de contrat, notez soigneusement le numéro de sinistre qui vous sera attribué, le nom de votre interlocuteur, et la date et l’heure de votre appel. Cette déclaration téléphonique doit impérativement être confirmée par écrit (courrier recommandé ou email) dans les 5 jours, en joignant tous les documents justificatifs.

    Votre déclaration écrite doit mentionner plusieurs informations obligatoires pour être recevable. Indiquez en en-tête vos coordonnées complètes (nom, prénom, raison sociale de votre salon, adresse) et votre numéro de contrat d’assurance. Précisez ensuite la date et l’heure exactes de l’incident, ainsi que le lieu (adresse de votre salon). Décrivez les circonstances détaillées du sinistre : nature de la prestation effectuée, produits utilisés, déroulement chronologique des événements ayant conduit au dommage. Identifiez précisément le tiers concerné en fournissant les coordonnées complètes de votre client (nom, prénom, adresse, téléphone, email). Évaluez le montant estimé du préjudice si vous en avez connaissance grâce à la facture d’achat du vêtement. Enfin, listez exhaustivement tous les documents joints à votre courrier (photos, factures, constat, témoignages).

    Après l’envoi de votre déclaration, votre assureur dispose d’un délai pour accuser réception de votre demande et ouvrir officiellement votre dossier. Il vous attribuera un numéro de sinistre à conserver et à mentionner dans tous vos échanges ultérieurs. Dans certains cas, notamment si le montant du dommage est important ou si les circonstances sont complexes, l’assureur peut mandater un expert pour évaluer le préjudice. Cet expert vous contactera pour planifier une visite à votre salon ou pour examiner le vêtement endommagé.

    Restez en contact régulier avec votre assureur pendant toute la durée du traitement de votre dossier. N’hésitez pas à appeler le gestionnaire de sinistre pour connaître l’avancement de votre dossier et fournir tout complément d’information qui pourrait être nécessaire. Cette proactivité démontre votre bonne foi et votre volonté de résoudre rapidement le litige.

    IV. Négocier un arrangement amiable avec votre client

    A. Dialoguer immédiatement et avec transparence

    La communication immédiate et transparente constitue la clé d’une résolution amiable réussie. Dès que vous constatez que le vêtement d’un client a été taché, ne tentez pas de minimiser ou de cacher le problème. Au contraire, informez immédiatement votre client de la situation, présentez vos excuses sincères pour ce désagrément, et montrez-vous rassurant en lui expliquant que des solutions existent.

    Adoptez une attitude professionnelle, calme et empathique. Votre client peut légitimement être contrarié, voire en colère, surtout si le vêtement endommagé a une valeur sentimentale ou financière importante. Écoutez attentivement ses préoccupations sans l’interrompre, validez ses émotions en reconnaissant que la situation est désagréable, et évitez toute attitude défensive ou accusatrice. Ne rejetez jamais la faute sur un produit défectueux, un collègue, ou le client lui-même : assumez la responsabilité de ce qui s’est passé dans votre établissement.

    Expliquez les démarches que vous allez entreprendre pour résoudre le problème. Informez votre client que vous allez tenter de nettoyer le vêtement avec des méthodes professionnelles appropriées, et que si ces tentatives échouent, vous ferez jouer votre assurance responsabilité civile professionnelle pour l’indemniser. Cette transparence rassure le client sur votre volonté de réparer le préjudice et sur le fait qu’il ne restera pas sans dédommagement.

    Proposez des solutions concrètes et immédiates. Si vous disposez des compétences et des produits nécessaires pour traiter la tache, offrez de nettoyer le vêtement sur place ou de le prendre en charge pour le confier à un pressing spécialisé. Si le vêtement est difficilement récupérable, proposez d’emblée de le remplacer ou de l’indemniser selon sa valeur. Cette réactivité démontre votre professionnalisme et votre sens des responsabilités.

    B. Les solutions à proposer

    La prise en charge du nettoyage professionnel représente souvent la première solution à envisager lorsque la tache n’est pas définitive. Proposez d’assumer les frais d’un pressing spécialisé ou d’un teinturier professionnel capable de traiter efficacement les taches de produits capillaires. Demandez à votre client de vous fournir la facture du nettoyage que vous rembourserez intégralement. Cette option est généralement la moins coûteuse et satisfait le client si son vêtement peut être sauvé.

    Le remplacement du vêtement endommagé constitue la solution à privilégier lorsque le nettoyage s’avère impossible ou insuffisant. Si le client peut vous fournir la facture d’achat originale du vêtement, proposez de lui racheter un article identique ou équivalent. Accompagnez-le éventuellement dans les boutiques pour trouver un remplacement satisfaisant, ce qui transforme une expérience négative en un moment de service client exceptionnel.

    L’indemnisation financière directe s’impose lorsque le vêtement ne peut être ni nettoyé ni remplacé (article discontinué, pièce vintage, création unique). Le montant de cette indemnisation doit tenir compte de plusieurs facteurs. Si le client dispose de la facture d’achat, celle-ci sert de base de calcul, avec application d’un coefficient de vétusté. En l’absence de facture, référez-vous aux barèmes professionnels utilisés par les pressings et teinturiers. Ces barèmes établissent une valeur de référence pour chaque type de vêtement selon sa composition, puis appliquent un abattement progressif : 80% de la valeur si le vêtement a moins de 3 mois, 60% entre 3 et 30 mois, et 30% au-delà de 30 mois.

    Les gestes commerciaux complémentaires peuvent renforcer votre démarche de résolution amiable. En plus de l’indemnisation du vêtement, proposez par exemple une prestation gratuite lors de la prochaine visite du client, un bon d’achat pour des produits capillaires de votre salon, ou une réduction substantielle sur sa prochaine coloration. Ces gestes démontrent votre volonté de maintenir une relation de confiance malgré l’incident et fidélisent un client qui aurait pu être définitivement perdu.

    La compensation par services représente une alternative intéressante pour les clients réguliers. Si le montant du préjudice reste modéré, proposez de compenser par plusieurs prestations gratuites réparties sur les prochains mois. Cette solution présente l’avantage de maintenir le lien avec le client et de lui démontrer concrètement votre engagement à réparer votre erreur.

    C. Formaliser l’accord par écrit

    La rédaction d’un accord amiable écrit protège les deux parties et évite tout malentendu ou contestation ultérieure. Même si la relation avec votre client est excellente et que vous vous entendez verbalement sur une solution, il est indispensable de formaliser cet accord par un document signé.

    Ce document d’accord amiable doit contenir plusieurs mentions essentielles pour avoir une valeur juridique. Commencez par identifier clairement les parties : vos coordonnées complètes (nom du salon, raison sociale, adresse, SIRET) et les coordonnées complètes du client (nom, prénom, adresse, téléphone, email). Décrivez ensuite précisément les faits : date et heure de l’incident, nature de la prestation réalisée, description du vêtement endommagé (type, marque, couleur, composition), nature du dommage constaté.

    Détaillez la solution convenue de manière très précise pour éviter toute ambiguïté. Si vous vous engagez à payer les frais de nettoyage, indiquez le montant maximum pris en charge et le délai de remboursement sur présentation de la facture. Si vous proposez un remplacement, spécifiez la valeur maximale du vêtement de remplacement ou les caractéristiques de l’article équivalent accepté. En cas d’indemnisation financière, mentionnez le montant exact, la date et le mode de paiement (espèces, virement, chèque).

    Incluez une clause de renonciation réciproque aux recours. Cette clause stipule qu’en contrepartie de la compensation convenue, le client renonce à toute autre réclamation ou procédure judiciaire concernant cet incident, et que le salon considère l’affaire définitivement réglée. Par exemple : “En contrepartie de l’indemnisation de [montant] euros versée ce jour, Monsieur/Madame [nom du client] renonce expressément à toute autre réclamation, démarche ou action en justice concernant le dommage survenu le [date]. Les parties considèrent le présent litige comme définitivement réglé”.

    Faites signer ce document en double exemplaire : un exemplaire pour vous, un pour votre client. Datez et paraphez chaque page si le document comporte plusieurs pages. Conservez précieusement votre exemplaire dans votre dossier d’assurance : il prouve que vous avez géré le sinistre de manière amiable et professionnelle, ce qui peut influencer positivement vos primes futures.

    Si l’arrangement implique un paiement échelonné ou différé, intégrez un calendrier de paiement précis dans l’accord. Mentionnez les montants de chaque échéance, les dates de versement, et les modalités en cas de retard. Cette prévoyance évite les malentendus et maintient une relation claire avec votre client.

    V. Recourir à la médiation de la consommation

    A. L’obligation légale de médiation

    En France, depuis le 1er janvier 2016, tous les professionnels qui vendent des biens ou fournissent des services à des consommateurs ont l’obligation légale d’adhérer à un dispositif de médiation de la consommation. Cette obligation, inscrite dans le Code de la consommation aux articles L111-1 et L612-1, s’applique à tous les secteurs d’activité, y compris les salons de coiffure et les barbiers.

    La médiation de la consommation vise à offrir aux clients un moyen simple, rapide et gratuit de résoudre un litige sans passer par les tribunaux. Ce dispositif permet de désengorger les juridictions tout en garantissant aux consommateurs un accès effectif à leurs droits. La médiation constitue une alternative amiable à la procédure judiciaire, souvent longue, coûteuse et stressante.

    Tout professionnel doit informer ses clients de l’existence de ce dispositif de manière claire et accessible. Cette obligation d’information précontractuelle impose d’indiquer les coordonnées du médiateur de la consommation dont vous relevez sur plusieurs supports. Vous devez mentionner ces informations sur votre site internet (si vous en avez un), dans vos conditions générales de vente ou de prestation de services, sur vos devis et factures, dans vos bons de commande, et idéalement par affichage visible dans votre salon.

    Le non-respect de cette obligation expose le professionnel à des sanctions administratives. Les amendes peuvent atteindre 3.000 euros pour une personne physique (entreprise individuelle, auto-entrepreneur) et 15.000 euros pour une personne morale (SARL, SAS, etc.). Ces sanctions sont appliquées par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) en cas de contrôle.

    Le coût du dispositif de médiation est à la charge du professionnel, mais reste très abordable. L’adhésion annuelle à un service de médiation agréé coûte généralement entre 30 et 150 euros par an, selon l’organisme choisi. En cas de saisine effective du médiateur par un client, des frais supplémentaires de traitement du dossier s’appliquent, variant entre 60 et 150 euros par acte de médiation. Ce coût reste bien inférieur aux frais qu’engendrerait une procédure judiciaire (avocat, frais de justice, temps perdu).

    La médiation est totalement gratuite pour le consommateur. Votre client ne paiera rien pour recourir au médiateur, ce qui encourage le règlement amiable des litiges plutôt que les procédures contentieuses.

    B. Quand et comment saisir le médiateur

    Le client peut saisir le médiateur de la consommation uniquement après avoir tenté une résolution directe du litige avec vous. La médiation n’intervient qu’en deuxième intention, lorsque les tentatives de règlement amiable bilatéral ont échoué. Concrètement, votre client doit d’abord vous avoir adressé une réclamation écrite (courrier, email) exposant son problème et vous laissant un délai raisonnable pour répondre.

    Le délai pour saisir le médiateur est d’un an maximum à compter de cette réclamation écrite initiale. Passé ce délai, la saisine du médiateur n’est plus recevable et le client devra se tourner vers les tribunaux s’il souhaite poursuivre sa démarche. Ce délai relativement court incite à une résolution rapide des litiges.

    La procédure de saisine du médiateur est simple et accessible. Le client peut contacter le médiateur par courrier postal, par email, ou via un formulaire en ligne sur le site internet de l’organisme de médiation. Il doit exposer clairement la nature du litige, les démarches déjà entreprises auprès de votre salon, les pièces justificatives (factures, photos, échanges de courriers), et ses attentes en termes de résolution.

    Dès que le médiateur est saisi, il vous en informe. Vous recevrez une notification vous demandant de présenter votre version des faits et de fournir vos propres justificatifs. Cette étape est cruciale : prenez le temps de préparer une réponse argumentée, factuelle et documentée. Expliquez les circonstances de l’incident, les mesures que vous avez prises pour y remédier, les propositions d’arrangement que vous avez déjà formulées, et les raisons pour lesquelles un accord n’a pas encore été trouvé.

    Le médiateur examine le dossier de manière impartiale. Il analyse les arguments des deux parties, vérifie la conformité des pratiques au regard du droit de la consommation, et propose une solution de compromis équitable. Cette proposition n’est pas contraignante : les deux parties restent libres de l’accepter ou de la refuser. Si la proposition est acceptée par les deux parties, elle devient alors un accord ayant force exécutoire.

    La durée de la médiation est généralement de 90 jours maximum. Ce délai court permet une résolution rapide du litige, contrairement aux procédures judiciaires qui peuvent s’étaler sur plusieurs mois, voire plusieurs années. Dans la majorité des cas, la médiation aboutit à un accord satisfaisant pour les deux parties.

    Même si vous n’êtes pas d’accord avec la proposition du médiateur, votre participation de bonne foi à la procédure démontre votre professionnalisme. Cette attitude peut influencer favorablement le juge si le client décide finalement de saisir la justice. À l’inverse, refuser de participer à la médiation ou adopter une attitude non coopérative peut être interprété défavorablement par un tribunal ultérieurement.

    C. Les organismes de médiation pour les coiffeurs

    Plusieurs organismes de médiation agréés par la Commission d’évaluation et de contrôle de la médiation de la consommation (CECMC) sont accessibles aux professionnels de la coiffure. Le choix de votre médiateur est libre, mais il doit impérativement être inscrit sur la liste officielle des médiateurs agréés publiée par le ministère de l’Économie.

    L’UNEC (Union Nationale des Entreprises de Coiffure), organisation professionnelle représentative du secteur, joue un rôle important dans l’accompagnement des salons de coiffure pour le respect de leurs obligations légales. L’UNEC informe ses adhérents sur la réglementation en vigueur, notamment concernant l’obligation de médiation, et peut orienter les professionnels vers des organismes de médiation adaptés à leur activité.

    Parmi les organismes généralistes accessibles aux coiffeurs, on trouve notamment :

    Le médiateur de la consommation de la FEVAD (Fédération du e-commerce et de la vente à distance), bien qu’initialement orienté vers le commerce en ligne, accepte également les professionnels des services.

    C&C Médiation, société spécialisée dans la médiation de la consommation qui propose des tarifs forfaitaires incluant plusieurs années d’adhésion. Certaines fédérations professionnelles, comme la FFPMI (Fédération Française de la Photographie et de l’Image), ont négocié des partenariats avec C&C Médiation pour proposer des tarifs préférentiels à leurs adhérents, généralement autour de 65 euros pour 3 années d’adhésion incluant 3 missions de médiation gratuites.

    Le Centre de médiation de la consommation de Conciliateurs de Justice (CM2C), organisme reconnu qui couvre de nombreux secteurs d’activité.

    La Médiation professionnelle (CMAP) de la Chambre de Commerce et d’Industrie, qui propose un service de médiation adapté aux commerçants et artisans.

    Pour choisir votre organisme de médiation, comparez plusieurs critères. Vérifiez d’abord l’agrément officiel de l’organisme sur la liste de la CECMC. Comparez ensuite les tarifs d’adhésion annuelle et les coûts par acte de médiation. Évaluez la réactivité et l’accessibilité du médiateur : certains proposent des plateformes en ligne facilitant les échanges. Consultez les avis et retours d’expérience d’autres professionnels de votre secteur. Enfin, vérifiez si votre fédération ou organisation professionnelle (UNEC, Chambre de Métiers et de l’Artisanat) a négocié un partenariat avec un médiateur spécifique offrant des conditions avantageuses.

    Une fois votre organisme de médiation choisi, effectuez les démarches administratives nécessaires. Adhérez formellement au dispositif en remplissant le formulaire d’inscription et en réglant la cotisation annuelle. Récupérez ensuite les coordonnées complètes de votre médiateur (nom de l’organisme, adresse postale, email, site internet, numéro de téléphone). Intégrez immédiatement ces informations sur tous vos supports de communication : ajoutez-les sur votre site internet (page mentions légales et/ou conditions générales), insérez-les dans le pied de page de vos factures et devis, affichez-les de manière visible dans votre salon (affichette fournie généralement par l’organisme de médiation).

    Mettez à jour régulièrement ces informations si vous changez d’organisme de médiation. N’oubliez pas de renouveler votre adhésion chaque année pour rester en conformité avec la loi.

    Conclusion : Prévention et bonnes pratiques

    La meilleure manière de gérer les incidents est encore de les prévenir. Plusieurs mesures simples permettent de réduire considérablement les risques de tacher les vêtements de vos clients.

    Investissez dans du matériel de protection de qualité professionnelle. Utilisez systématiquement des peignoirs imperméables et suffisamment enveloppants, complétés par des serviettes épaisses bien placées sur les épaules. Pour les colorations et décolorations, proposez des capes de protection spécifiques qui couvrent intégralement les vêtements jusqu’aux genoux. Cette protection optimale rassure vos clients et limite drastiquement les risques d’accidents.

    Formez et sensibilisez régulièrement votre équipe aux bonnes pratiques de protection des vêtements. Organisez des sessions de formation sur les gestes professionnels à adopter lors de l’application de produits colorants, insistez sur l’importance de vérifier systématiquement que le client est bien protégé avant de commencer toute prestation à risque, et établissez des procédures claires en cas d’incident.

    Souscrivez impérativement à une assurance responsabilité civile professionnelle adaptée à votre activité. Même si cette assurance n’est pas légalement obligatoire en France et en Belgique pour les coiffeurs, elle est vivement recommandée et peut même être exigée par votre bailleur ou votre banquier. En Suisse, l’assurance RC pour les employés est obligatoire. Vérifiez que votre contrat couvre bien les dommages aux vêtements et effets personnels des clients, les dommages corporels (brûlures, allergies), et les dommages immatériels consécutifs.

    Documentez systématiquement vos prestations à risque. Pour les colorations complexes, les décolorations importantes, ou les traitements chimiques agressifs (permanentes, défrisages), prenez des photos « avant » de la chevelure du client, notez les produits utilisés avec leurs références précises, consignez les temps de pose respectés, et faites signer un formulaire de consentement éclairé mentionnant les risques. Cette documentation peut s’avérer précieuse en cas de litige pour démontrer que vous avez agi avec professionnalisme et que vous avez informé votre client.

    En cas d’incident, réagissez avec professionnalisme et empathie. Présentez immédiatement vos excuses, proposez des solutions concrètes, ne cherchez pas d’excuses ou de responsables extérieurs, documentez l’incident par des photos, déclarez rapidement le sinistre à votre assurance dans le délai de 5 jours, et formalisez tout arrangement amiable par écrit.

    Assurez-vous d’être en conformité avec vos obligations légales, notamment l’adhésion à un dispositif de médiation de la consommation et l’affichage des coordonnées du médiateur. Cette conformité vous protège contre les sanctions administratives et facilite la résolution amiable des litiges éventuels.


    Tableau récapitulatif des points clés par pays :

    Critère France Belgique Suisse Luxembourg
    RC Pro obligatoire NON (recommandée) NON (recommandée) OUI (pour employés) Non documenté
    Type obligation Moyens RC Exploitation + Après-livraison Résultat Similaire France
    Base légale Code Civil art. 1240-1242 Code assurances art. 65+ Code des Obligations Code Civil
    Médiation obligatoire OUI (depuis 2016) Non spécifique Non mentionné Non documenté
    Délai déclaration 5 jours ouvrés Selon contrat Selon contrat Non documenté
    Couverture type Variable Jusqu’à 2.500.000€ Min. 2.000.000 CHF Non documenté
    Indemnisation vêtement Barème + vétusté (80%/60%/30%) Selon préjudice réel Selon préjudice + frais Barème similaire France

    En adoptant ces bonnes pratiques et en connaissant précisément vos obligations légales selon votre pays d’exercice, vous transformez un risque professionnel en opportunité de démontrer votre sérieux et votre engagement envers vos clients. La gestion professionnelle d’un incident peut même renforcer la confiance et la fidélité de votre clientèle.

    # Aide à la gestion
    J’ai taché le vêtement de mon client : que dois-je faire ?
    Maison Mina Raine 7 janvier 2025
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